La FIAC est l'ail de l'art

En cuisine, l'ail est essentiel. Condiment antédiluvien de la gastronomie, il renforce les saveurs, habille les poissons, les viandes et les légumes d'une inimitable touche. Il en est de même avec la Foire Internationale d'Art Contemporain (FIAC), qui anime la capitale d'un dense programme, du 21 au 25 octobre 2015.

Les vertus de l'ail, qu'elles concernent les saveurs, la santé ou la mythologie, l'ail étant en Chine un excellent moyen d'écarter l'œil du Diable, sont connues pour être en partie dues aux composés organo-soufrés de la plante. Les vertus de la FIAC, quant à elles, relèvent d'un autre genre de cuisine, plus complexe mais tout aussi polyvalente, car à l'origine d'un foisonnement d'activités qui, durant quelques jours, invite l'art à toutes les tables.

Le temps de cette foire est donc celui de l'enthousiasme, d'une fête où l'art en profite pour se redéfinir, être tour à tour marchandise, événement, anecdote, chefs d'œuvre, spéculation, publicité, ..., et même politique.

Un mot illustré et commenté par l'artiste Majida Khattari, avec une performance, Luxe, Oil and Arrogance, sur les nouvelles acheteuses portant abayas noires et accessoires de luxe, déambulant dans les allées des foires – de Bâle à Miami, Dubaï et Paris (...). Entre rejet et fascination mutuels, art et luxe apparaissent comme les rares vecteurs d’échange entre deux mondes tous deux confrontés à la violence religieuse et politique. Un mot repris par l'artiste Mathieu Mercier, un des premiers prix Marcel Duchamp, en 2003, pour qui l'art est éminemment politique tant qu'il ne le manifeste pas.

Mais, que l'on soit d'accord ou non, dans les deux cas, l'art se découvre à la FIAC.

 

 

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